Français

Un bon départ pour la gouvernance des océans

6a68cc066b8eadfd6e9fb6ee_m.jpg

WANG XIAOYING/CHINA DAILY

Grâce à une collaboration dans le cadre de plusieurs conventions, à la fourniture de biens publics et au soutien apporté aux pays en développement, la Chine peut renforcer son influence dans la gouvernance environnementale mondiale.

L'Accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, également connu sous le nom d'Accord BBNJ, adopté en juin 2023, est officiellement entré en vigueur le 17 janvier. Cela marque un tournant décisif dans la gouvernance mondiale des océans, faisant passer les efforts de la négociation du traité à sa mise en œuvre, au renforcement des institutions et à l'obtention de résultats mesurables. Cette année marque aussi le 30e anniversaire de l'adhésion de la Chine à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Forte de son expérience en matière de gouvernance mondiale du climat et de la biodiversité, la Chine se voit offrir l'opportunité de faire progresser une gouvernance des biens communs mondiaux fondée sur la science, inclusive et équitable.

L'évolution de la Chine à travers les récents processus environnementaux illustre une trajectoire claire, passant de la simple participation à un engagement plus profond, du respect des règles convenues à une contribution active à la conception et à la mise en œuvre institutionnelles. La clé pour renforcer l'influence institutionnelle ne réside plus uniquement dans la capacité de négociation, mais également dans la capacité à fournir des biens publics : connaissances scientifiques, financement, renforcement des capacités, infrastructure de données et voies de mise en œuvre concrètes.

Sous l'égide de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la Chine est progressivement passée du statut de participant important à celui de contributeur majeur à la gouvernance climatique mondiale. La Chine a annoncé en 2020 ses objectifs de pic des émissions de dioxyde de carbone et de la neutralité carbone, a mis en place le cadre politique « 1+N » afin de traduire ces engagements en dispositions institutionnelles nationales, et a actualisé en 2025 ses Contributions déterminées au niveau national (CDN) à l'horizon 2035 afin de renforcer son action en faveur du climat. Dans le domaine de la coopération internationale, depuis que la Chine a annoncé en 2015 la création du Fonds chinois de coopération Sud-Sud pour le climat, doté de 20 milliards de yuans (2,94 milliards de dollars américains), elle a signé 55 accords de coopération avec 43 pays en développement, atteignant plus de 300 projets de renforcement des capacités à la fin du mois d'octobre 2025, et mobilisé plus de 177 milliards de yuans depuis 2016, selon les données d'un livre blanc intitulé Pic des émissions de carbone et neutralité carbone : les plans et les solutions de la Chine, publié par le Bureau de l'information du Conseil des Affaires d'État de la Chine. Ces efforts ont contribué à réduire les disparités Nord-Sud et à forger un consensus.

Dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), la présidence chinoise de la 15e réunion de la Conférence des Parties (COP15) a facilité l'adoption du Cadre mondial pour la biodiversité (CMB) de Kunming-Montréal. La Chine a pris l'initiative d'injecter 1,5 milliard de yuans pour créer le Fonds pour la biodiversité de Kunming, passant ainsi de l'engagement politique à la mise en œuvre concrète ; ce fonds soutient aujourd'hui 31 projets dans 45 pays en développement. Depuis 2019, la Chine s'est imposée comme le premier donateur au budget de base volontaire de la CDB et le premier contributeur parmi les pays en développement au Fonds pour l'environnement mondial (FEM). Ces actions démontrent que l'influence institutionnelle repose sur des biens publics concrets, un financement prévisible et des mécanismes de coopération crédibles — et non pas uniquement sur la médiation diplomatique.

Au titre des initiatives de coopération Sud-Sud, la Chine s'est engagée dans des partenariats pragmatiques avec des pays tels que le Cambodge, Maurice, l'Indonésie et la Thaïlande dans des domaines comme la restauration des mangroves et la culture des récifs coralliens, tout en mettant en place des programmes de formation. Ces efforts soulignent que les contributions de la Chine à la biodiversité marine mondiale ont évolué, passant de l'aide financière au partage des savoir-faire et à une coopération institutionnalisée, afin d'offrir aux pays en développement un « modèle chinois » reproductible.

Dans ce contexte, la mise en œuvre de l'Accord BBNJ offre une nouvelle perspective pour appréhender la valeur stratégique d'un engagement institutionnel proactif. Comptant 145 signataires, dont 92 sont à ce jour devenus Parties, l'Accord BBNJ s'applique aux zones situées au-delà de la juridiction nationale — soit les deux tiers des océans et près de la moitié de la surface terrestre. Il comble les lacunes en matière de gouvernance concernant les ressources génétiques marines, les outils de gestion par zone, l'évaluation des impacts environnementaux, le renforcement des capacités et le transfert de technologies. La science est au cœur de sa mise en œuvre, ce qui suppose une observation à long terme, des systèmes de données ouverts, des évaluations transparentes et une participation renforcée des pays en développement. Le futur Secrétariat du BBNJ sera donc plus qu'un simple organe administratif : il constituera un centre opérationnel dédié aux réunions, à l'échange d'informations, au renforcement des capacités et à la coordination entre science et politique.

La Chine, ayant participé à part entière aux négociations de l'Accord BBNJ et figurant parmi les premiers États à l'avoir signé et ratifié, a officiellement déposé sa candidature pour accueillir le Secrétariat du BBNJ à Xiamen (province du Fujian), dans l'est de la Chine. Cette candidature n'est pas simplement motivée par la volonté d'obtenir une présence institutionnelle, mais constitue une proposition concrète destinée à soutenir la mise en œuvre effective du traité. Elle vise à répondre aux attentes d'une représentativité régionale plus large, d'un engagement renforcé des pays en développement et d'un accès plus équilibré aux ressources de gouvernance des océans.

Sur le plan stratégique, cette initiative offre de multiples atouts : elle permettrait d'optimiser la répartition géographique des institutions de gouvernance mondiale des océans et de renforcer la représentativité et l'inclusivité ; elle démontrerait la responsabilité de la Chine en tant que grand pays en développement, manifestant sa volonté de contribuer non seulement aux négociations, mais aussi à la mise en œuvre, au fonctionnement institutionnel et au renforcement des capacités à long terme, favorisant ainsi une large participation et l'instauration d'une confiance mutuelle ; surtout, elle contribuerait à combler les lacunes de mise en œuvre en remédiant aux disparités de capacités entre les pays dans les domaines de l'évaluation des impacts environnementaux, de la gestion par zone et du partage des avantages — afin de faire de l'Accord BBNJ un mécanisme véritablement universel et équitable, et non un dispositif réservé aux nations maritimes avancées.

L'entrée en vigueur de l'Accord BBNJ marque le début d'un long parcours de mise en œuvre. Pour la Chine, un engagement actif ne se résume pas à la volonté d'accueillir le Secrétariat du BBNJ, mais vise à contribuer à la mise en place d'un système mondial de gouvernance des océans plus équitable et davantage fondé sur la science, gage d'une plus grande efficacité.

Source : China Daily Global

CLAUSE DE NON-RESPONSABILITÉ

BBNJ Xiamen cite ou republie des informations provenant de médias à des fins non commerciales, afin de faciliter le partage d'informations. Ces actions ne valent pas approbation de l'exactitude, de l'authenticité ou de la légalité du contenu original, et ne reflètent pas non plus la position officielle de BBNJ Xiamen. L'ensemble des droits d'auteur et des responsabilités légales afférents au contenu republié demeurent la propriété des éditeurs et auteurs d'origine.
Si une personne physique ou morale estime qu'un contenu diffusé sur ce site porte atteinte à ses droits et intérêts légitimes, elle est priée de nous en informer sans délai par écrit, en fournissant une explication détaillée, les justificatifs appropriés ainsi que les motifs de sa réclamation. Dès la réception de ces éléments, nous procéderons sans délai à la suppression ou à la rectification du contenu contesté, ou prendrons toute autre mesure adaptée.
Les informations republiées ou citées peuvent être soumises à des évolutions dans le temps. Il est recommandé aux utilisateurs de faire preuve de discernement quant à l'exactitude et à l'exhaustivité du contenu. BBNJ Xiamen ne saurait être tenu responsable de tout dommage direct, indirect, accessoire, consécutif, spécial, punitif ou exemplaire résultant de l'utilisation ou de l'impossibilité d'utiliser les informations ou liens fournis sur ce site.
BBNJ Xiamen respecte les droits de propriété intellectuelle et s'engage à fournir des services de contenu de qualité dans le cadre d'un fonctionnement conforme à la législation en vigueur.

Copyright© www.bbnjxiamen.cn Tous droits réservés.

闽ICP备17027784号-5